Code Civil: Cicatrice Coloniale
מאת DRUMAHON
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מידע על זכויות יוצרים ושחרור
תאריך יציאה:
February 24, 2026
זמן שחרור:
12:52 AM
חותמת זמן (UTC):
2026-02-24 00:52:04 UTC
תעודת זכויות יוצרים
מזהה מסלול:
#2437
כּוֹתֶרֶת:
Code Civil: Cicatrice Coloniale
אָמָן:
DRUMAHON
נוצר:
February 24, 2026 at 12:52 AM UTC
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מילים
Més cicatrices sont dés histoires qu’on n’a jamais voulu croire. Chu né en 58 à Manawan. Né à une époque où exister, était déjà un acte de résistance. Mais més cicatrices sont pas s'a peau. Non. Es sont dains mots. Dans langue qu’on a voulu casser. Dans l'nom qu’on a mal prononcé… jusqu’à l’effacer. Ça fait mal quand j’y pense. On appelait ça l'progrès. On appelait ça a mission. La civilisation. Pendant qu'on disparaissait en silence. Moé, j’appelle ça un génocide poli, un peuple qu’on efface... sans bruit. Y sont pas arrivés en criant. Y promettaient doucement : « Vote fille est malade, on vous a ramène à l'esplanade. » Y ont promis le retour. Mais y ont organisé l'détour. Un avion fend l'ciel. Une mére reste s'a berge... SEULE... Sept ans à r'garder es nuages. Comme si l'ciel pouvait rendre c'qu'y a pris. Sept ans à guetter l'bruit d’un moteur. À confondre l'vent avec l'retour de son enfant. Chaque ombre dans l'ciel devenait une promesse. Chaque bruit lointain, un espoir qui s'dresse. A l'vait es yeux comme on prie sans église. A parlait au vent comme si a vérité s'cachait dans brise. Mais l'ciel rend pas les enfants. Non. Y gardent les secrets des gouvernements. On a posé un bol s'a tête à Lisette, coupé ses tresses, coupé ses ancêtres. Souliers trop petits. Douleurs apprises. Langue imposée. Culture niée. On y a dit : « Dieu t’aime. » Pis on a brisé son corps dans l'même système. Y parlaient d'pureté avec des mains sales, des mots saints, mais pleins d'gestes immoral. Ey'tait bonne. A l'obéissait. A l'encaissait. A survivait. A l'a appris leux langue comme on apprend une arme, pour protéger sés fréres contre la prochaine alarme. Eulalie, elle, deux jours, trois nuits dans le gel. Chien de traîneau. Vent brutal. Destination : pensionnat colonial. Chfeux coupés. Ongles serrés à coups d'règle sué doigts. Pis la faim comme seule loi. On leux a dit : « Vos chants sont maudits. Vote langue est interdite. Vote culture est trop p'tite. » On leux a appris l'silence comme discipline en guise de sentence. 11 ans plus tard. A r'vient chez eux, r'gard hagard, A choisit d’oublier le français, de r'cracher a langue qu’on lui imposait. C'qui z'appelaient éducation, c'tait effacement en formation. C'qui z'appelaient religion, c'tait domination. C'qui z'appelaient ordre, c'tait une hiérarchie qui mord. L'passé meurt pas. Oh non. Pis Eulalie l'savait, y r'vient la nuit. On parle de réconciliation comme d’une belle intention. Mais sans vérité, c’est du silence maquillé. On dit que l'racisme et pus d’actualité. Mais l’actualité suffit pas. Y faut entendre ceux qui ont porté l'poids du silence. L'génocide a pas toujours une arme. Parfois y a une école. Parfois une croix. Parfois une loi. On a pris leux enfants. Leux terres. Leux noms. Leux prières. On a fait du vol un envol. Et d'l’envol, un vol, pis après on a d'mandé pourquoi y'étaient brisés. On parle de « chapitre sombre » comme si l'ombre habitait pas encore les nombres. C'est pas une page. C’t un héritage. Une lignée coupée. Une mémoire amputée. Les traumatismes voyagent de visage en visage, de génération en génération. Lisette a survécu. Eulalie a survécu. Échékuan a survécu. D'autres ont pas eu cette chance. Et ceux qui sont r'venus, sont jamais r'venus en entiers. Non. Y marchent encore aec les fantômes à leux côtés. Ce slam est pas vengeance. C'est mémoire en résistance. Nommer, c’est pas diviser. Nommer, c’est assumer. Dire génocide. Dire vol. Dire violence. Dire viol. Pas pour accuser. Non. Mais pour défendre ceux qu’on est encore en train d'effacer. Pour protéger c'qui reste : la terre, les liens, la mémoire vivante. La Terre Mère. Parce que ça continue. Autrement. Plus proprement. Mais ça continue. Quand on transforme une culture en costume d’Halloween. Quand on porte leux plumes sans porter leux histoires. Nous, on voit un déguisement. Eux, y voient une mémoire. Parce que la vérité dérange, mais le mensonge ronge. Et tant qu’on r'garde pas l'ciel en r'connaissant c'qu’is ont vu, Y aura toujours une mère là, à attendre un avion qui r'viendra jamais.
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